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Dire

Parler pour dire

C’est un fait pour qui s’occupe de l’Humain, la parole est l’arme du combat, la larme de l’émotion, l’alarme de l’angoisse. Tout traitement s’inspire de ce qu’en dit le sujet, c’est ce qui en est fait ce sur quoi les avis divergent, s’opposent, se mettent en tension. Les thérapeutiques qui en voudraient l’éliminer (avec la robotique ou le chimique quasi exclusifs par exemple) ne sont-elles pas destinées à ne plus qu’expérimenter sans fin aucune, faisant taire le sujet de son expérience ?

« Mettre la parole au premier plan dans l’exercice du soin est aujourd’hui, grâce à Freud, une logique impérative. Pour Lacan aussi, ce qui fait l’homme, c’est sa parole : « Pas des hommes en tant que troupeau, mais des hommes qui parlent, de cette parole qui introduit dans le monde quelque chose qui pèse aussi lourd que tout le réel. »1Comment dès lors pourrait-on se passer de l’espace de la parole dans l’espace thérapeutique ? »2

On peut, dans les psychothérapies qui partent de la parole permettre à un sujet de « faire le point » à partir de son symptôme, où il en est, ce qu’il en vit, comment il va ou non, mieux… Mais le travail analytique est autre chose que d’« aller bien », enfin, maintenant. Parler ne suffit pas pour déclarer qu’enfin, c’est la fin, ce sujet en a terminé. Il ne s’agit pas tant de mettre un sujet en situation d’apprentissage (addiction), mais bien de le placer dans l’expérience de son dire.

« Mais je voudrais examiner les psychothérapies fondées sur la parole, et dont certaines s’inspirent plus ou moins directement de la découverte freudienne. Ce qui les caractérise, c’est qu’elles se donnent comme objectif la dissolution du symptôme, quel qu’il soit – cet objectif définissant la guérison – là où la psychanalyse se donne comme finalité de permettre à l’analysant de se retrouver dans son symptôme. »3

1) Jacques Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Séminaire II, Paris, Seuil (1978), leçon du 19 mai 1955 cité par Claude Allione, La haine de la parole. P. 141

2) Claude Allione, La haine de la parole. P. 141

3) Pierre Bruno, Une psychanalyse : Du rébus au rebut. P. 112

À propos de Thierry GALEAU

Psychologue Clinicien / Psychothérapeute

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