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Jouir?

Saturation

Le « supermarché » du monde, voilà une expression qui reflète assez bien le système dans lequel nous sommes pris, malgré nous, mais fabriqué de notre consentement sans l’éclairage de la parole, d’un dire qui ferait le lien entre notre comportement des besoins et la subjectivité de nos singularités. Nous sommes « bouchés » de ne pas en être éclairés du désir. Le capitalisme a mis à son service l’activité scientifique de l’Homme pour en asservir plus concrètement l’Humain en le privant de son activité de parler autrement que par « l’aboiement » d’une demande affamé de l’envie.

« D’une part le capitalisme met sur le marché les objets fabriqués par la science. Il fournit ainsi de quoi boucher la division de chacun, saturer sinon suturer le sujet, avec les  » lathouses « . Il produit alors des individus, soit des sujets complétés de leur plus-de-jouir. L’individu en tant que tel n’a plus besoin du phallus, comme signifiant de la relation du parlêtre au signifiant avec le manque qu’elle entraîne. D’autre part le capitalisme, et malgré la pornographie, dément le sexe, soit ce qui fait place à l’autre, sans que cette place puisse à aucun moment être comblée, par aucun partenaire : car le discours capitaliste (DC) ravale le désir à réaliser au besoin à satisfaire au moyen d’objets adéquats. Enfin le DC ignore les choses de l’amour. L’amour comme rapport de sujet à sujet, comme rencontre de deux savoirs inconscients, implique un traitement de la jouissance. C’est un savoir y faire particulier avec l’abjection, avec l’être d’objet de l’autre. Comme tel, il se situe aux antipodes du reniement de la jouissance ou de son utilisation cynique, qui sont caractéristiques du DC. »1

Comme l’objet, fourni par le capitalisme, rate toujours son coup de complétude, censé combler le sujet dans sa recherche de pleine jouissance, il va saturer le marché d’objets de toutes sortes, jusqu’à les vomir dans les déchets dont nous ne savons plus que faire, un océan de déchets. Le recyclage ne marche pas plus, mais c’est aujourd’hui l’option à suivre pour plus-de-jouir moins cher.

Sommes-nous tous condamnés au commandement du Discours Capitaliste de jouir de tout sans vergogne aucune ? De quoi serions-nous coupables si ce n’est de ne pas jouir selon cette formule ? Tous « consommateurs-toxicomanes » sinon rien ?

1) Michel Lapeyre, L’inquiétant et le capitalisme. Communication à PERU, 2000

À propos de Thierry GALEAU

Psychologue Clinicien / Psychothérapeute

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