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Dire

La théorie psychanalytique

L’être humain se différencie en ceci de l’animal, c’est qu’il parle !

Il a un langage qui fait lien avec ses congénères, ces autres humains. « La caravane humaine passe pendant que les chiens aboient ». Il n’y a pas de langage chez l’animal.

L’acte de parler peut-il être alors vu sans incidences sur le fonctionnement humain ?

Nous partons du postulat que parler a des conséquences non négligeables et qu’il est bien avisé d’en tenir compte, surtout en psychologie clinique.

Nous ne sommes pourtant pas de ceux qui considèrent que tout est langage, réduisant ainsi le comportement humain au seul fait de parler, de dire. Comme le démontrent certaines formes de science, l’humain est un ensemble global fait de matières organisées (génétiques, biologiques, physiologiques) et d’aspects psychiques (raisonnements, sensibilités émotionnelles, réactions comportementales).

Nous ne pouvons effectivement pas traiter une maladie virale ou organique seulement par la parole… mais en rapport avec l’environnement direct ou indirect du sujet humain. Il s’agit là, tout au plus, d’un échange verbal qui permet de rationaliser la situation, d’alléger le poids de la solitude, de déjouer la détresse, de rendre plus pertinentes des décisions à prendre dans ces situations de souffrance inhérente au fait de vivre avec un corps dans un environnement hostile dès le départ.

Mais nous voulons amener une description, certes brève, de ce que parler peut vouloir dire, et entraîne pour l’être humain, dans un cadre de soins, de prendre soin de l’autre.

Dans les études en psychologie clinique, la parole joue un rôle essentiel. L’enseignement, les rencontres, le travail demandé, les examens, l’échange avec les enseignants et les étudiants passent par le langage.

Le traitement prodigué à une personne qui vient déposer sa plainte à un psychologue utilise le langage, des dits posés là, en direction d’un sujet, qui est supposé en savoir un bout sur la souffrance psychique. On va chercher chez quelqu’un que nous pensons savoir, quelques possibles solutions à ce qui ne va pas.

La théorie psychanalytique prend ce rapport du sujet aux dires très au sérieux (elle n’est pas la seule, les psychothérapies le font aussi) et de façon très particulière, puisqu’elle s’intéresse aussi, comme éléments de langage, à ce qui ne se dit pas.

Que se cache-t-il derrière ce qui se dit, sans parfois tout se dire, mais qui se dit dans ce qui s’oublie ?

« Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend. »1

Aussi, cette invention d’une méthode d’approche des dires d’un sujet qui vient, parce que quelque chose cloche et ne va pas dans sa vie, nous permet de replacer l’acte de parler, ce qu’il veut dire, dans le monde d’aujourd’hui, son fonctionnement, son système et son évolution.

1) Jacques Lacan, L’Étourdit. P. 7

À propos de Thierry GALEAU

Psychologue Clinicien / Psychothérapeute

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